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Parlons fraude (2e partie): Pourquoi?

Mis à jour : 23 oct 2018


Nous avons abordé dans le premier article de cette série sur la fraude (ici) l'importance du risque de fraude dans les organisations et les caractéristiques des actes frauduleux. Avant de nous intéresser aux différents schémas de la fraude dans le prochain post de cette série (n'oubliez pas de vous abonner à la newsletter en bas de page), arrêtons nous un instant sur une question centrale à ce sujet: quelles sont les motivations d'un acte frauduleux?

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Quelles sont les causes à l'origine de la fraude? Quels facteurs perçus par le potentiel fraudeur justifient-t-il son passage à l'acte? Est-ce que tous les fraudeurs sont motivés par la même finalité?

Un criminologue américain, Donald Cressey, a proposé dans son ouvrage "Other people's money, a study in the social psychology of embezzlement" (Glencoe, Illinois, The Free press, 1986) un cadre à cette réflexion autour des mécanismes psychologiques de la fraude: le triangle de la fraude.

Cette théorie met en avant trois facteurs invariablement présents (selon D.Cressey en tout cas) dans toutes les types de fraude:


1- la perception d'une opportunité par le fraudeur potentiel (la caisse n'est jamais contrôlée, l'entrepôt n'est pas surveillé...),

2- la perception d'une incitation ou d'une pression (gonfler les ventes pour percevoir une prime liée au chiffre d'affaires, truquer les comptes pour éviter un effondrement du cours de bourse...),

3- la justification: l'acte de fraude est acceptable et même légitimisé par le fraudeur (le salaire n'est pas considéré comme suffisant par rapport à l'investissement réel de la personne, d'autres personnes le font dans l'organisation etc...).


Selon cette théorie, le risque de passage à l'acte est accru quand ces trois éléments sont réunis dans le contexte du fraudeur: tous les commerciaux ne manipulent pas le chiffre d'affaires pour s'assurer du versement de leurs primes mais un commercial avec des dettes de jeux importantes, opérant dans une organisation où les contrôles sont faibles et où le management n'est pas considéré comme donnant l'exemple sera plus enclin à frauder.


Le principal intérêt de cette théorie, au delà de la conceptualisation de la réflexion sur le pourquoi de la fraude, est de permettre d'identifier les principales orientations de toute politique anti-fraude afin de réduire ce risque de passage à l'acte, comme nous le verrons dans un prochain article de cette série dédié à ce sujet.


A bientôt!


Source:

Image "the fraud triangle" - Cressey D.R. (1986), endera.com

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